Radhi Meddeb, Président d’IPEMED :
« Pour une banque méditerranéenne »

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Photo ci-dessus : Radhi Meddeb, Président d’IPEMED © leJmed.fr - 09/ 2010
Pour une banque méditerranéenne
par Radhi Meddeb, Président d’IPEMED
Le 25 août dernier, Charles Milhaud présentait au président Sarkozy le rapport de la commission qu’il avait présidée sur le financement du codéveloppement en Méditerranée.
Il y a là une question de forme et de fond. Sur le fond, la commission a confirmé les résultats de multiples travaux réclamant, depuis vingt ans, la création d’une institution financière dédiée à la région. Nous connaissons les oppositions passées : du Trésor français à la Banque européenne d’investissement (BEI), aux États du Nord et du Sud, chacun y allant avec son argumentaire : « Intermédiation supplémentaire induisant un surcoût de la ressource », « Le Sud ne manque pas d’argent » ou encore « Pas d’institution commune tant que le problème israélo- palestinien n’est pas résolu ».
Pour la première fois, un rapport officiel préparé à la demande des plus hautes autorités d’un État influent et engagé, envisage parmi trois scénarios, celui de la création d’une banque. Il y a là un progrès fantastique. Le constat est limpide : l’Europe a besoin du Sud de la Méditerranée pour accélérer sa croissance. Les besoins de cette région sont immenses. Ils appellent la mobilisation du secteur privé national et régional. Une institution financière pourra y contribuer d’abord par la symbolique, ensuite par la méthode et la gouvernance et enfin par l’exemple.
Mais, il y a aussi la forme. Le rapport représente le point de vue de la France. Même si la commission a été quelque peu élargie à des représentants d’autres pays de la région, l’Allemagne n’y est pas.
Il est urgent que les diplomaties se saisissent du dossier et fassent le travail d’explication, nécessaire pour une appropriation minimale du rapport par tous.
Faute de quoi, cette initiative risque de rester lettre morte. Le passé récent nous montre en effet que la Méditerranée n’a aucune chance d’avancer sans le génie de la France, la sensibilité de l’Italie et de l’Espagne, le volontarisme de l’Allemagne et l’adhésion de tous.
Radhi Meddeb
Président d’IPEMED
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