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Paris - France - 29 septembre 2010 - 31 janvier 2011

Le Trésor des Médicis au Musée Maillol

Italie | 31 octobre 2010 | src.Musée Maillol
Paris -

Épiciers, banquiers, grands-ducs de Toscane, « princes » de la Renaissance : l’ascension et la saga des Médicis (XVe - XVIIIe s.) est ponctuée par les œuvres d’art dont ils furent à la fois de généreux commanditaires, collectionneurs et donateurs : ainsi la dernière des Médicis, Anna Maria Luisa (1667-1743), légua-t-elle l’ensemble des collections familiales à la ville de Florence, établissant ainsi définitivement la capitale toscane dans le pré carré des cités les plus artistiques, du monde, avec 50 musées. Ce sont des parcelles de cette magnificence que le musée Maillol, avec cette expo rassemblant 150 œuvres et objets, nous invite à découvrir, jusqu’au 31 janvier 2011.

Image ci-dessus : Portrait de Marie de Médicis (détail) par Frans Pourbus le Jeune (Anvers 1569 - Paris, 1622) - Huile sur toile, 142 x 127 cm ; 1611
Florence, Palazzo Pitti, Galleria Palatina, inv. 1890, n. 2259
© Archivio Fotografico della Soprintendenza per il Polo Museale Fiorentino


On pourra admirer dans cette expo un célèbre Botticelli (Adoration des mages, vers 1475-1476), une statue de Michel-Ange (Apollon David, vers 1525-1530) ou encore un dessin de Rubens (Les Trois Grâces, vers 1627-1628), mais, au-delà de la compilation de « trésors », c’est bien la fascinante aventure artistique de la famille emblématique de la Renaissance qui nous est contée…

L’histoire commence quand Cosme de Médicis hérite en 1429 de la banque familiale, devenue européenne et prospère avec Jean de Bicci, son père, et qu’il devient ainsi devient l’homme le plus riche de Florence. Créant une académie néo-platonicienne, rassemblant une extraordinaire collection de manuscrits, achetant avec passion nombre d’antiques (et jusqu’à 21 camées), fréquentant enfin de nombreux peintres et sculpteurs de son temps (comme Fra Angelico), Cosme développe un mécénat privé exceptionnel. Il est ainsi l’initiateur d’une tradition familiale qui, au fil des générations, enrichira sans cesse le « trésor » des Médicis.

LA MAGNIFICENCE DE LAURENT
Laurent le Magnifique, successeur de Pierre Ier, porte la gloire de la famille et de Florence à son apogée. Détenteur d’un pouvoir politique sans faille, malgré l’épisode violent de la conjuration des Pazzi, il crée jusqu’à sa mort en 1492 les prémisses du futur état régional. Collectionneur averti de beaux livres, de vases en pierres dures, de porcelaines chinoises, de monnaies et de marbres antiques, cette « nature d’artiste greffée sur une âme de prince » soutient Botticelli comme le jeune Michel-Ange.

LA SPLENDEUR DUCALE DE COSME Ier AU PALAZZO VECCHIO
L’élection en 1537, comme duc de Florence, de Cosme Ier ouvre une nouvelle ère de prospérité et de mécénat intense. Quittant le palais de la via Larga, le nouveau duc s’installe dès 1540 au Palais de la Seigneurie. Soucieux d’identifier le grand-duché toscan à l’ancienne Étrurie, il achète L’Orateur étrusque, trouvé dans des vignes. Bronzino, portraitiste de cour, illustre la Belle Manière florentine avec de nombreux portraits magnétiques de la grande-duchesse Eléonore de Tolède, son épouse.

LE CABINET DES MERVEILLES
Suivant la vogue des Wunderkammer (ou Cabinet des Merveilles) au XVIe siècle, François Ier de Médicis crée son mystérieux studiolo, « un bel écrin de choses rares et précieuses par la valeur et la facture ». Dans cette petite pièce dérobée du Palazzo Vecchio, le grand-duc recueille jalousement des objets se rattachant aux naturalia ou aux artificiala. Avant lui, son père Cosme Ier avait manifesté son goût pour l’art du Nouveau Monde, en recueillant un manteau de plumes d’ibis rouge de chef indien du Brésil ou d’autres objets Taïnos des Antilles.

LA BIBLIOTHEQUE MÉDICÉENNE
Les Médicis se constituèrent une véritable bibliothèque de Babel. Cosme III réunira en 1771 toutes les collections des villas et des palais familiaux dans la seule Bibliothèque Palatine. Mais ouverte à la consultation du public dès 1571, la Bibliothèque Laurentienne voulue par Léon X concentrait déjà tous les savoirs. Outre des classiques latins et des traités de médecine, la bibliothèque Médicis renfermait également des sonnets de la main de Laurent le Magnifique ou encore une édition d’Homère, magnifiquement enluminée par Gherardo di Giovanni del Flora.

ROME, LE TEMPS DES PAPES MÉDICIS : LEON X
Jean de Médicis rehausse le prestige de la famille en devenant pape sous le nom de Léon X, en février 1513. Esthète et cultivé, grand organisateur de fêtes et collectionneur de manuscrits, ce premier pape Médicis, à l’exemple du Magnifique en Toscane, va faire de Rome le paradis des artistes et des intellectuels.

ROME, LE TEMPS DES PAPES MÉDICIS : CLEMENT VII
Jules de Médicis, le cousin de Léon X, devient pape à son tour, sous le nom de Clément VII. Si ce pape tragique voit le sac de Rome, il n’en demeure pas moins un mécène avisé, qui renoue avec Michel-Ange. Mis à l’honneur au Palazzo Vecchio par Cosme Ier, l’Apollon solaire qu’offre le sculpteur à Clément VII devait durablement influencer la sculpture maniériste. Après ce songe de marbre, Michel-Ange, sous peine d’excommunication, devait accorder l’exclusivité de son œuvre au pape Médicis.

DEUX REINES MÉDICIS POUR LA FRANCE
En épousant successivement Henri II puis Henri IV, Catherine et Marie de Médicis ont rendu « la France italienne ». Faisant construire les Tuileries, correspondant avec Michel-Ange, rassemblant plus de 700 portraits dans son hôtel particulier, Catherine et sa politique d’éblouissement ne peuvent être identifiées aux seules guerres de religion. Marie de Médicis, fille du grand-duc François, importe de Florence à Paris l’art des fontaines monumentales, des statues équestres, des cycles de peinture à sa gloire et des spectacles grandioses.

LES JARDINS À L’ITALIENNE
La botanique demeure une passion de la famille Médicis. Au XVIe siècle, François Ier de Médicis charge Jacopo Ligozzi de peindre « nuit et jour plantes et animaux de diverses espèces, et particulièrement les espèces étranges ». La vue du Palais Pitti et du jardin de Boboli exalte les conceptions architecturales vertes de Niccolo Tribolo. Ce modèle du jardin à l’italienne, parsemé de grottes et de fontaines cachées, utilise des écrans de végétation taillés, pour créer des échappées sur la campagne.

LA CHAPELLE DES PRINCES
Délaissant petit à petit la science, les derniers Médicis se tournent avec ferveur, sinon bigoterie, vers la religion. La chapelle des princes, sépulcre baroque et funèbre initié par Ferdinand Ier, au début du XVIIe siècle, et jamais achevé, tourne à l’obsession de tous ses successeurs. Malade, Cosme II fait réaliser en pierres dures un somptueux ex-voto à l’intention de Saint Charles Borromée à Milan. À sa disparition en 1622, sa veuve Marie-Madeleine d’Autriche dilapide la fortune familiale en objets de piété, comme une parure d’autel en cristal de roche.

LE CABINET DES MATHÉMATIQUES
Regroupant des instruments de guerre en 1555, Cosme Ier crée à partir de ce petit noyau de scientifica un Cabinet des Mathématiques. En 1610, Galilée publie le Messager des Étoiles. Dans ce journal astronomique, le savant révèle que la lune n’est pas lisse mais couverte de trous et de saillies, et que Jupiter est entouré de 4 satellites inconnus, qu’il nomme « Astres médicéens ». Le goût scientifique médicéen se porte aussi vers l’astrologie, considérée comme une science princière, l’alchimie et l’anatomie, notamment celle des « petits théâtres » de décomposition de l’abbé Zumbo.

DU THEATRE MÉDICEEN A L’ATELIER DES PIERRES DURES
Pour son mariage en 1589, Ferdinand Ier charge l’architecte et metteur en scène Bernardo Buontalenti de régler une représentation de « La Pellegrina ». Les 286 costumes, les machines volantes et les éblouissants intermèdes musicaux de ce spectacle total préludent à la naissance de l’opéra. Ferdinand crée, en 1588, la manufacture de la Galerie des Travaux. Venus de Perse comme de Chine, ou encore récupérés sur des sites archéologiques romains, quantité de marbres polychromes et de pierres dures précieuses affluent alors à Florence pour décorer meubles et objets.

LES GARDE-MEUBLES DE FERDINAND II ET DE SES FRERES
De nature douce et affable, le grand-duc s’avérait plus sensible aux instruments scientifiques et aux bibelots de luxe qu’aux œuvres d’art. Le mécénat de ses frères cadets finit par rendre son règne plus brillant que prévu. Jean-Charles rassemble une exceptionnelle collection de natures mortes complexes et raffinées, dues à Carlo Dolci ou à Willem van Aelst. Matthias le soldat ramène de ses campagnes, effectuées durant la guerre de Trente ans, un goût nouveau pour les objets décoratifs allemands en ivoire.

LES COLLECTIONS DU CARDINAL LÉOPOLD
Fin connaisseur des sciences comme de la littérature et des arts, le brillant cardinal Léopold multiplie les collections, pour reconstruire l’histoire de l’art par école et par genre. La collection d’autoportraits qu’il initie en 1664 rassemble le méticuleux et lent Carlo Dolci avec le fougueux et rapide Luca Giordano. Aimant à fonder ses connaissances sur le dessin, Léopold amasse en ce domaine quantité de feuillets rares, d’une plume de Primatice à un pastel de Vouet, en passant par un fusain de son cher Titien.

LE SALON DE MUSIQUE DU GRAND PRINCE FERDINAND
Cynique et libéral – sinon libertin, Ferdinand a toujours manqué de volonté pour s’opposer au climat morbide qu’imposait son père Cosme III. Le grand-prince s’est cependant révélé l’un des plus grands mécènes de son temps. S’il est le premier à organiser une exposition de beaux-arts en 1705, Ferdinand fait de son théâtre estival de Pratolino l’une des scènes d’opéra majeures de siècle. Violoncelliste amateur, il cultive les instruments les plus modernes et les plus rares, comme ce violoncelle de Nicolo Amati, le maître de Stradivarius et de Guarnieri.

LE CREPUSCULE BAROQUE DE COSME III
Accumulant les échecs politiques et matrimoniaux, CosmeIII, durant son très long règne de 53 ans, réduit le grand-duché à l’état de province pâlissante. L’avant-dernier grand-duc cultive jusqu’à l’obsession ses manies religieuses et fait de Florence une ville morte. Curieux d’histoire et d’évènements contemporains, Cosme III incite néanmoins les artistes florentins à aller apprendre l’art baroque romain dans la ville du Bernin et de l’Algarde. De retour de Rome, Giovan Battista Foggini impose une unité de style à toute la cour.

LA SALLE DES PORCELAINES D’ANNE-MARIE LOUISE
Plus qu’à ses fils débauchés, c’est à sa fille, la fière et dévote Anne-Marie Louise, que Cosme III aurait voulu léguer le grand-duché. Éprise de porcelaines et de bijoux, et cherchant à conjurer la stérilité familiale qui la frappait, l’Électrice Palatine conservait avec ferveur un bijou hollandais en forme de berceau que lui avait offert son époux. Dernière représentante des Médicis, elle conclut en 1738 un Pacte de famille pour la succession avec la maison des Lorraine, afin que tous les trésors des Médicis puissent demeurer à Florence, « à la disposition de toutes les nations ».

LE PACTE DE FAMILLE
« La sérénissime Électrice cède, donne et transfère au présent à Son Altesse Royale, bibliothèques, joyaux et autres choses précieuses … que S.A.R. s’engage à conserver à la condition expresse que cela soit pour l’ornement de l’Etat, pour l’utilité du public, et pour attirer la curiosité des étrangers et que rien ne sera soustrait ou exporté de la capitale et de l’état du Grand Duché. »


INFORMATIONS PRATIQUES

Expo Le Trésor des Médicis
Jusqu’au 31 janvier 2011

Ouvert tous les jours de 10 h 30 à 19 h
Nocturne le vendredi jusqu’à 21 h 30

Musée Maillol
61, rue de Grenelle, 75007 PARIS

Métro : rue du Bac
Bus : 63, 68, 69, 83, 84, 95
Vélib : bd Raspail

Tél. : 01 42 22 59 58
Fax : 01 42 22 46 44
Courriel : contact@museemaillol.com

En savoir plus
Billetterie, restaurant du musée, privatisation : visitez le site du Musée Maillol


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