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Le Festival d’Aix-en-Provence, temple de la musique, du spectacle et de la voix… jusqu’au 21 juillet 2010

France | 4 juillet 2010 | src.Festival d’Aix-en-Provence
Aix-en-Provence -

« Cette édition 2010 du Festival d’Aix-en-Provence inaugure un nouveau cycle, elle illustre toutes les thématiques et lignes de force qui font l’identité présente du Festival et que nous entendons développer dans les prochaines années », explique son directeur, Bernard Foccroulle.

Photo ci-dessus : récital de guitare classique au Festival d’Aix-en-Provence. © Davidaola


2010, l’année d’un nouveau cycle

par Bernard Foccroulle
Directeur du Festival

Cette édition 2010 du Festival d’Aix-en-Provence inaugure un nouveau cycle, elle illustre toutes les thématiques et lignes de force qui font l’identité présente du Festival et que nous entendons développer dans les prochaines années.

Don Giovanni et Alceste dans la Cour de l’Archevêché, c’est un retour aux sources du Festival, un dialogue entre deux artistes qui se sont admirés et influencés mutuellement, une manière de revisiter l’art et la pensée du siècle des Lumières.

Rameau et Stravinsky résonneront au Grand Théâtre de Provence dans des productions qui nous rappellent que la danse contemporaine et les techniques ancestrales telles que le théâtre d’ombre et les marionnettes d’eau vietnamiennes nourrissent et fécondent l’opéra au XXIe siècle.

Un retour - El regreso d’Oscar Strasnoy, création mondiale sur un livret d’Alberto Manguel, revêt la forme d’un parcours sur le thème de l’exil, un parcours initiatique où l’ombre de Virgile accompagne les protagonistes - Didon et Enée viennent à la rencontre de l’histoire récente de l’Argentine - et confère au récit une portée universelle.

Cette édition 2010 consacre également le retour au Grand Saint-Jean, site magique que le Festival a su faire connaître et aimer d’un large public depuis 1999. Nous y explorerons les liens multiples entre la nature et l’opéra, la musique, la danse, la littérature…

Le Grand Saint-Jean devient tout naturellement le lieu privilégié des productions lyriques de notre Académie dont la vocation européenne s’amplifie avec la création d’un ambitieux réseau européen. L’Académie propose également au cœur de la ville d’Aix un vaste programme de master classes, concerts et rencontres.

Les concerts seront riches en couleurs, des Vêpres de Monteverdi aux œuvres de Jonathan Harvey en passant par Beethoven, Berlioz, Schumann, Sibelius, mais aussi un parcours à travers les musiques de la Méditerranée.

Bon voyage en terre festivalière !

Bernard Foccroulle


Histoire : … et la Cour se fit théâtre

Au commencement était la Cour, la cour de l’Archevêché, cour de service où aboutissaient autrefois les carrosses. Grâce à un groupe d’hommes et de femmes, liés par la conviction et l’enthousiasme de Gabriel Dussurget, directeur artistique inspiré et visionnaire, cette cour devient un temple de la musique, du spectacle et de la voix, lieu majeur de la fête.

1948 : la création

Le premier Festival a lieu en juillet 1948. Il comporte trois ou quatre concerts dans la cour de l’Archevêché, un concert dans la cathédrale St-Sauveur et six autres concerts et récitals en divers lieux de la ville. A ces concerts s’ajoute un opéra, Cosi fan tutte de Mozart, œuvre quasi-inconnue du public français à cette époque. Pour monter le spectacle, Gabriel Dussurget réunit une distribution qu’il fait travailler, demande à Georges Wakhevitch d’inventer un petit décor de fond de scène, et obtient la participation de Hans Rosbaud, chef d’orchestre du Südwestfunk de Baden-Baden.

Le théâtre de Cassandre et la ’’magie’’ de Gabriel Dussurget

Mais c’est avec Don Giovanni, l’année suivante, que le Festival va prendre toute son ampleur. Gabriel Dussurget demande à un autre de ses amis, le peintre Cassandre, de concevoir les décors de la production. Cassandre dit à l’époque : « Les organisateurs du Festival me chargèrent d’imaginer, en même temps que les décors de Don Giovanni, le théâtre en plein air sur lequel il serait possible de présenter l’ouvrage selon la conception que je leur avais exposée ». Et la cour se fait théâtre, le rite s’installe.

Sous le ciel étoilé, le théâtre de Cassandre installe un plateau de sept mètres de profondeur, avec des décors mobiles devant la toile de fond et une machinerie à l’italienne. L’événement suscite l’afflux, autour de l’équipe du Festival, d’une large part des plus éminentes personnalités de la vie artistique et littéraire française, musiciens, peintres, écrivains, gens de théâtre, tous rassemblés par le même enthousiasme. Ainsi se constitue une sorte de creuset au sein duquel rencontres, échanges, projets et participations contribuent à nourrir le devenir du Festival.

Pendant vingt-quatre ans, le théâtre de Cassandre va accueillir des productions lyriques qui se multiplient et se diversifient rapidement. Mozart bien sûr, mais également à partir de 1951, le grand lyrisme d’origine avec Monteverdi et Gluck, l’opéra-bouffe et l’amorce de l’opéra-comique avec Cimarosa, Grétry, Rameau et Haydn, Rossini et Gounod, l’opéra de notre siècle avec Menotti, Poulenc, Sauguet, Milhaud, Stravinsky… La « magie Dussurget » tient à son souci de symbiose entre l’exécution musicale, le choix des grands peintres, enfin la recherche et la sélection d’interprètes adaptés à leur personnage et la découverte de jeunes voix et de personnalités marquantes dont Aix assurera la notoriété.

Ainsi naît, dans l’enthousiasme de l’après-guerre, un premier festival dont le succès immédiat marque définitivement la place du Festival d’Aix-en-Provence dans l’histoire de l’opéra.

1974 - 1982 : l’ère Bernard Lefort ou le triomphe du bel canto

Bernard Lefort dédie le Festival au bel canto, et plus largement à « une grande fête du chant ». On voit à l’Archevêché l’irruption du chant italien du XIXè siècle (Verdi, Donizetti) et des vedettes du bel canto (Caballé, Carreras, Horne, Ricciarelli…). Bernard Lefort diffuse aussi sa fête du chant à travers la ville, installant pour plus de six ans l’opéra-bouffe sur la place des Quatre-Dauphins (avec Pergolèse, Cimarosa, Donizzeti…), et proposant sur la place des Cardeurs Joan Baez ou Ella Fitzgerald.

1982 - 1996 : Louis Erlo, l’éclectisme du baroque au contemporain

Louis Erlo - sous le thème « fidélité et innovation » - réoriente le bel canto aixois vers Rossini et développe considérablement le répertoire baroque avec Lully, Campra, Rameau surtout, Purcell et Gluck. Il rend à Mozart sa place de référence, non seulement avec de nouvelles productions de grands ouvrages, mais en montant aussi des ouvrages de jeunesse, moins connus et moins joués. Il offre à nouveau aux Aixois une pléiade de jeunes chanteurs et quelques « stars » ; il propose également des bijoux du XXè siècle, de Prokofiev ou Britten.

1998 - 2006 : Stéphane Lissner et le renouveau du Festival

1998 marque les débuts de Stéphane Lissner au Festival d’ Aix-en-Provence, avec la rénovation complète du Théâtre de l’Archevêché, dans lequel il inaugure sa programmation par Don Giovanni. Il insuffle une nouvelle dynamique au Festival avec la création d’ateliers de construction de décors et de costumes à Venelles, permettant de décupler les coproductions internationales et de rendre le Festival plus autonome. Il créé, en 1998, l’Académie européenne de musique, conçue comme un prolongement du Festival vers la pédagogie et la promotion des jeunes talents (musiciens, chanteurs, metteurs en scène, chefs d’orchestre et compositeurs) en favorisant leur rencontre avec le public. Le Festival d’Aix-en-Provence confirme sa position de lieu d’excellence et de création à l’instar des plus prestigieux festivals d’art lyrique avec lesquels il collabore.

LE PROGRAMME 2010

Tout savoir sur le programme, la billetterie, les réservations : site du Festival d’Aix-en-Provence


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