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La réhabilitation des médinas, source d’enrichissement économique et culturel, selon la Banque mondiale

Tous pays UPM | 2 août 2010 | src.Banque mondiale
Paris -

Selon le rapport de la Banque mondiale sur la rénovation urbaine des médinas, paru le 27 juillet 2010, la rénovation des centres-villes historiques du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord peut générer des impacts économiques positifs. Il s’agit notamment du « renforcement des économies locales et nationales, de la création d’emplois et de l’amélioration de l’environnement urbain ainsi que la qualité des espaces publics ».

Photo ci-dessus : une porte de la médina de Fès (Maroc). © AX


La rénovation des médinas, en augmentant la valeur des biens immobiliers et les recettes fiscales, peut permettre aux institutions locales de financer les services publics. Elle provoque ainsi « un impact profond sur des groupes sociaux défavorisés et marginalisés, qui gagnent en autonomie et en vitalité » d’après Anna Bjerde, responsable sectorielle au service Développement urbain et social pour la Région MENA de la Banque mondiale.

Le tourisme culturel est la principale opportunité économique créée par les programmes programme de rénovation des médinas, lorsque celles-ci disposent de conditions adéquates pour le développement d’activités touristiques.

La Banque mondiale a ainsi récemment mis au point un indice visant à « classer les médinas en fonction de leur potentiel de croissance économique lié à la conjugaison des opérations de réhabilitation urbaine et de développement touristique ».

Le constat dressé par le rapport de la Banque mondiale relève les points suivants :

* Les médinas, cœurs historiques des villes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, sont dotées d’un patrimoine culturel riche ; elles ont cependant connu ces cinquante dernières années une dégradation constante.

* Les médinas revêtent une importance exceptionnelle dans le monde arabe mais celle-ci ne se reflète pas toujours dans les politiques urbaines.

* Les efforts visant à réhabiliter les centres-villes historiques du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord contribuent à préserver l’identité culturelle et à augmenter les recettes touristiques dans certains cas.

Marrakech citée en exemple

Les auteurs du rapport, Anthony G. Biglo et Guido Licciardi, respectivement expert senior en questions urbaines et cadre junior à la Banque mondiale, citent par exemple la ville de Marrakech laquelle, avec ses riads, ses marchés colorés et ses dédales de ruelles étroites, est devenue un « phénomène touristique » qui attire un grand nombre de visiteurs nationaux et internationaux et qui symbolise l’attrait du Maroc.

Ces sites, une fois réhabilités, peuvent contribuer à accroître la valeur des biens immobiliers et les recettes fiscales, et aider ainsi les institutions locales à financer les services publics.

Comme l’indique le rapport, « alors que les pays se modernisent et se transforment, les vieilles villes peuvent être un facteur essentiel de continuité et de stabilité : le patrimoine du passé peut venir soutenir le développement de demain ».

Une stratégie qui préserve le patrimoine culturel

Depuis les années 1970, la Banque mondiale a financé 241 projets d’investissement dans le patrimoine culturel, pour un montant total de 4 milliards de dollars.

Actuellement, 117 projets de ce type, dont plusieurs dans la Région Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), sont en cours de réalisation, pour un engagement s’élevant à 2 milliards de dollars.

En 2001, la Région MENA de la Banque mondiale été la première à produire une stratégie régionale dédiée à la question de la préservation du patrimoine culturel.

Cette stratégie, baptisée « Patrimoine culturel et développement : un cadre d’action pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord »(pdf), soulignait le rôle du patrimoine culturel dans le développement économique, son importance pour les identités communautaires et nationales, et son potentiel en termes de développement social. Elle mettait également en lumière la place toute particulière des villes historiques, qui recèlent une partie essentielle des traditions, de la mémoire et de l’histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Pour Anna Bjerde, responsable sectorielle au service Développement urbain et social pour la Région MENA de la Banque mondiale, « les investissements en faveur de leur patrimoine culturel peuvent avoir un impact profond sur des groupes sociaux défavorisés et marginalisés, qui gagnent en autonomie et en vitalité ». Ces changements leur ouvrent « toutes sortes d’opportunités pour tracer leur voie et améliorer leurs moyens de subsistance ».

Les médinas : des zones d’habitations parmi les plus pauvres

Alors que les médinas soient au cœur de la civilisation arabe, elles ont connu ces cinquante dernières années un délabrement matériel et social rapide provoqué à la fois par le départ de leurs habitants d’origine et par la croissance soutenue des quartiers modernes. Délaissées par les familles plus aisées, parties s’installer en banlieue, les médinas ont attiré des catégories plus pauvres de la population à la recherche de logements bon marché.

Aujourd’hui les médinas figurent parmi les zones d’habitations les plus pauvres des agglomérations urbaines. En termes de services et d’infrastructures de base, les médinas font les frais des politiques gouvernementales axées sur la gestion de la croissance urbaine dans les nouvelles agglomérations. Le tissu urbain des médinas, qui n’autorise que rarement la circulation des voitures, est en outre considéré comme un obstacle à la prestation de services.

Aussi, selon le rapport de la Banque mondiale, l’un des principaux objectifs de la réhabilitation des médinas est d’améliorer l’accès aux infrastructures et aux services publics de base, et de promouvoir la création d’emplois pour réduire la pauvreté et l’exclusion sociale.

Ses auteurs soulignent que cette approche doit impliquer les secteurs public, privé et à but non lucratif. Les pouvoirs publics, pour leur part, peuvent affirmer l’importance de la réhabilitation des médinas en fournissant des services de gestion urbaine et en assurant la protection juridique des principaux monuments et bâtiments historiques.

Le secteur privé peut être mis à contribution en investissant dans l’immobilier et les activités économiques dans les médinas. Enfin, les associations, à but social ou culturel, peuvent quant à elles fournir un capital social et exercer une pression politique pour promouvoir des initiatives de réhabilitation.

Accroître les recettes locales

Pour la Banque mondiale, la réhabilitation des médinas comporte de multiples objectifs, dont notamment la conservation du patrimoine culturel, le développement de l’économie locale et la satisfaction des besoins des résidents.

En termes de développement économique local, le tourisme culturel constitue le segment de marché le plus prometteur. Cependant, met en garde le rapport, toutes les médinas ne disposent pas des caractéristiques requises en la matière ; les pouvoirs publics doivent examiner attentivement les conditions faisant d’une médina une destination prometteuse pour le tourisme culturel.

La Banque mondiale a d’ailleurs récemment élaboré un indice dont l’objectif est d’analyser et de classer les médinas en fonction de leur potentiel de croissance économique lié à la conjugaison des opérations de réhabilitation urbaine et de développement touristique.

Télécharger le rapport (en anglais) : The Urban Rehabilitation of Medinas


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