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L’UPM, mode d’emploi – Rencontre avec…

Julien Aubert, le jeune stratège en charge
du défi du financement des projets de l’UPM

France - Tous pays UPM | 4 novembre 2009 | src.leJMED.fr
Paris - La question du financement des projets de l’Union pour la Méditerranée est un sujet évidemment délicat et « transversal ». Au sein de la mission interministérielle de l’UPM que dirige Henri Guano, c’est Julien Aubert qui en a la charge. Entretien, à la découverte des méandres d’un processus encore en pleine gestation… mais avec un jeune énarque débordant d’enthousiasme et d’idées opérationnelles !

leJMED.fr – Monsieur Aubert, l’UPM se veut une « union de projets » pour lesquels il faut à chaque fois trouver un financement, faute de lignes budgétaires préétablies, en tout cas à ce jour. Vous êtes précisément en charge de cette problématique du financement… Quel est exactement le périmètre de votre mission, et comment procédez-vous ?

Julien Aubert – La question du financement des projets est en effet un sujet transversal, et sensible… C’est bien sûr le nerf de la « paix », car même avec de très bons projets, une UPM qui n’aurait pas d’argent serait inefficace sur le terrain… Ma mission est triple : accompagner les grands projets économiques, préparer l’architecture budgétaire et financière de l’UPM de demain, et pour cela animer la coordination interministérielle sur mes sujets, en partenariat avec Bercy…

leJMED.fr – Des exemples, à propos des grands projets économiques ?

Julien Aubert – Sur l’activité de gestion de projets économiques, je peux citer, par exemple, la sécurisation des investissements en Méditerranée, au travers d’un traité multilatéral qui viserait à permettre aux PME réalisant des investissements d’être assurées qu’elles seront couvertes en cas de litige.

Plus largement, dans cette même problématique, il s’agit d’échafauder une agence, ou un autre type d’institution, qui mettrait en musique la stratégie en faveur des PME dans l’espace UPM. Cela recouvre de multiples aspects : la garantie, le financement, l’information, la mise en réseau des nombreux opérateurs de la société civile ou étatique…

C’est ma première mission : suivre les grands projets économiques, notamment ceux, industriels, qui relèvent de Bercy, mais aussi du Commerce extérieur… Par exemple, les Égyptiens nous ont proposé de généraliser un système qui viserait à identifier toutes les entreprises UPM au travers d’un code barre. Un autre exemple, d’ordre industriel, et que nous suivons ici, vise à assurer l’accès à l’Internet haut débit pour tous les pays de la Méditerranée….

leJMED.fr – Lorsque vous dites travailler à « élaborer l’architecture budgétaire et financière de l’UPM demain », faites-vous notamment allusion à la constitution de cette Banque de la Méditerranée que bien des acteurs économiques espèrent et réclament depuis des années ?

Julien Aubert – Mon objectif à ce jour est de relier des projets à des financeurs. C’est un travail ad hoc, puisque chaque projet en réalité a sa clé de financement, et le problème n’est pas tant de trouver l’argent que de bâtir dès aujourd’hui l’architecture budgétaire et financière de l’UPM de demain, à moyen et long terme. Concrètement, cela signifie qu’en réalité il s’agit d’établir un diagnostic de ce qui existe déjà, et de voir comment l’on peut mettre en cohérence les financements.

Un premier thème assez connu, celui d’une institution dédiée : c’est la conséquence du diagnostic. L’idée la plus « politique », ce serait en effet la création d’une Banque méditerranéenne de développement. Nous sommes en train de réfléchir à une mission qui devra rendre un rapport de faisabilité, dans les six mois à venir. On en est à établir la proposition.

leJMED.fr – Quel est votre pronostic ?

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Julien Aubert intervenant lors de la IIIe Semaine économique de la Méditerranée (Marseille, 7-10 octobre 2009) - © leJMED.fr

Julien Aubert - À ce jour, parlons plutôt de diagnostic… En réalité, il y a beaucoup d’intervenants, et chacun à tendance à voir midi à sa porte. La Banque Mondiale (BM) voit les choses sur une stratégie qui ne cadre pas tout à fait avec le périmètre de l’UPM. Elle développe un fort tropisme rive sud, alors que notre stratégie se veut rive nord - rive sud ; elle s’est bâtie une stratégie pays par pays, alors que nous avons une vision projet par projet…

La Banque Européenne d’Investissement (BEI), elle, voit les choses depuis le Nord, qui est son périmètre naturel. Sa lecture et ses instruments suivent la grille d’analyse européenne : la Turquie fait partie des pays candidats à l’UE, à l’inverse d’autres états de l’UPM. De plus, la Méditerranée n’est qu’un de ses champs d’action extérieurs. Il y a donc des arbitrages internes sur les ressources.

Au-delà de ces considérations, nous avons aussi à coordonner les opérateurs nationaux, et prendre en compte les stratégies d’autres acteurs, comme par exemple la Banque africaine du développement (BAD), qui est a priori plus préoccupée par les contraintes relevant de l’essor de la désertification que par le plan solaire méditerranéen et les énergies renouvelables, lesquels sont pour nous sont des priorités.

Il y a donc une multitude d’acteurs, le problème c’est de les coordonner. L’une des idées sur la table, c’est une Banque, mais pas seulement. On ne remplacera jamais les opérateurs déjà en place. En réunissant tous les quinze jours les grands bailleurs français et européens – la BEI vient par courtoisie, pour faire le lien – pour leur présenter des projets, faire circuler l’information, nous réfléchissons collectivement également à la coordination des bailleurs sur des aspects essentiels comme les procédures communes de sélection des projets. Cela pourrait être d’ailleurs une hypothèse alternative ou complémentaire (au choix) à la création d’une Banque dédiée à la Méditerranée… !

leJMED.fr – Sur le financement de quels projets travaillez-vous actuellement ?

Julien Aubert - En réalité, je m’occupe moins de projets que de la stratégie de projets : quelles sont les étapes à franchir pour leur permettre d’aboutir ? Tant que ces projets n’ont pas abouti, on ne peut guère en parler… Je n’interviens que dans les soutes ! Évoquons cependant un projet de notoriété publique, par exemple celui du Plan solaire méditerranéen, qui est l’une des actions prioritaires de l’UPM.

Son financement fait l’objet d’un abondement prévu au titre de la Banque mondiale, via le Clean Tech Fund. Il se trouve que la France est représentée à la BM par le Ministère des finances, cela suppose donc qu’il y ait une coordination très forte entre le Plan solaire méditerranéen qui est porté par le Meddem (Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer), le Minefe (Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi) qui représente la France, et aussi le ministère des Affaires étrangères qui coordonne l’action à Bruxelles sur les financements communautaires… Vous voyez, quand on gère ce sujet de la stratégie de financement du Plan solaire méditerranéen, il faut bien coordonner, déployer du transversal. Nous ne sommes pas la seule instance d’impulsion, mais nous avons l’avantage d’avoir ici, à la mission UPM, des personnes qui représentent tous les ministères. Nous arrivons donc à discuter plus rapidement. Nous sommes également les relais d’une vision politique, celle du président de la République.

A Marseille, un « FARO »
pour les « petits porteurs » de projets…

leJMED.fr – Au-delà des « grands projets », vous préoccupez-vous également des PME, qui représentent d’ailleurs aussi l’un des axes prioritaires d’action de l’UPM, tels qu’ils furent retenus lors du Sommet fondateur ?

Julien Aubert – Mais oui, au risque de vous étonner, je fais aussi “du micro” ! Je reçois continuellement des porteurs de projets qui sollicitent des conseils, ou qui ont des portes à ouvrir : cela représente près d’un tiers de mon activité. Lorsque je parle de l’architecture financière ou budgétaire, j’essaie aussi de ne pas oublier les petits porteurs de projets – souvent des associations, mais aussi des individuels – qu’il m’arrive de recevoir ici. Vous comprendrez que les ministères, mobilisés par le flux du fonctionnement quotidien, n’ont pas forcément la disponibilité pour les recevoir rapidement et analyser leur(s) besoin(s). J’essaie donc de jouer sur ce point un rôle d’aiguillage et de relais auprès du pouvoir politique. Oui, cela prend du temps, mais c’est un choix, et c’est également la philosophie, je crois, d’Henri Guaino .

C’est d’ailleurs grâce à ces rencontres que j’ai réalisé l’absence de projet financier pour les « petits porteurs » de projets innovants. En fait, si vous vous présentez avec un projet de 3 Mds €, vous intéresserez un ministre et son administration. Mais, si vous êtes une association à la recherche de 30 000 euros, personne n’est a priori capable de vous les trouver.

D’où notre idée, avec Gilles Pennequin (pôle Énergie, Développement durable de la mission UPM) de créer à Marseille, notre tête de pont naturelle en Méditerranée, une facilité qui s’appellerait le FARO – le Fonds d’amorçage, de réalisation et d’orientation – qui serait abondé à hauteur de 1 M €, et qui ferait de la nano-aide d’amorçage pour les porteurs de projets, français dans ce cas, dans le cadre de l’UPM. Un fonds fortement subventionné, mais avec une partie en prêt, pour que les gens engagent aussi leur responsabilité, avec peut-être un système de prêts d’honneur – on est en train d’y réfléchir – et qui financerait jusqu’à 50 % des projets innovants, à charge pour les porteurs d’aller ensuite solliciter les grandes institutions en se prévalant du soutien du FARO, qui fonctionnerait ainsi également comme une sorte de label de projet innovant, venant s’ajouter à celui de l’UPM… C’est l’un de mes bébés les plus chers, sans jeu de mot !

Pour la première fois, sur ce projet “micro”, nous avons pu faire travailler l’AFD (l’Agence française de développement), la Caisse des Dépôts et Oseo. L’idée c’est aussi d’élargir. Ce FARO pourrait servir de point de fixation, par rapport au montage opérationnel de projets que la CCI Marseille Provence veut créer, et également sur des fonds de type Financière Viveris, par exemple, qui prend des participations dans des entreprises existantes et participe à leur développement.

… et une plate-forme de services
inspirée de la dynamique des réseaux

Ainsi le FARO servirait d’amorçage à des projets en partenariat public-privé (PPP). L’idée étant d’aboutir à Marseille à une plate-forme intégrée où se trouverait une espèce de “boîte à outils”, dans un espace urbain assez limité, et où quelqu’un qui aurait un projet sur la Méditerranée pourrait venir en sachant qu’il disposera d’un point d’entrée public avec les principaux intervenants sur la zone, d’un point CCI où l’on s’intéressera plus à l’aspect entrepreneurial de son projet, quelques acteurs privés, quelques grands bailleurs publics qui sont déjà présents sous la forme du CMIM, le Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée, installé en octobre… Le tout donc en utilisant ce qui existe déjà, et avec quoi, progressivement, on essaie de monter un parcours… sans oublier Anima, ou encore l’ONUDI – avec laquelle l’UPM est en train de contractualiser un mémorandum – qui pourrait accompagner, avec son réseau… J’ai remis il y a un mois ma note de concept du FARO aux trois opérateurs qui s’en sont saisis très activement. J’espère ainsi que nous pourrons le lancer début 2010…

De la finance au mécénat : le projet FOR-UM,
encore une idée opérationnelle

Actuellement, si l’on fait une cartographie des projets de la Méditerranée, on note que certains, très importants, rassemblent déjà très fortement, comme par exemple le Plan solaire méditerranéen, dont je me plais à dire qu’il fait un peu figure de “Youkounkoun”… – vous savez, le gros diamant caché dans le klaxon de la voiture de Bourvil, dans “Le Corniaud”… C’est clair, il y a des fonds privés. Au jour le jour, j’organise des réunions des réunions entre bailleurs publics et privés, avocats d’affaires, pour monter des projets pilote relevant de ce Plan solaire. Cela avance, cela ne pose pas de problème… c’est complexe, mais il y a une dynamique propre aux acteurs. Ils sont intéressés…

Mais, il faut également considérer que l’UPM doit aussi inclure des projets qui peuvent faussement paraître à fonds perdus, sans rentabilité financière, mais qui présentent une rentabilité économique. C’est par exemple le cas de la formation professionnelle : on peut considérer que financer des bourses n’est pas rentable, c’est du mécénat… Mais l’on peut aussi considérer que c’est un investissement sur vingt ou trente ans, et c’est évidemment notre position à la mission UPM.

Reste que sur ces sujets, nous n’avons pas affaire aux mêmes acteurs. On ne demandera pas du prêt, ou moins, et on recherchera plus de la subvention, ou du mécénat. Notre stratégie : relier les uns et les autres… Par exemple : nous sommes en négociation avec un grand fonds du Golfe, prêt à investir des milliards sur l’énergie, et à reverser un pourcentage des bénéfices sur les projets à mécénat. A ce jour, c’est une démarche innovante, je crois. Car même si les Médicis en ont été les grands précurseurs, à la Renaissance, on trouve bien peu de mécènes aujourd’hui en Méditerranée…

D’où l’idée d’un FOR-UM, si possible à Marseille, que nous travaillons avec les services de Bercy et UBIFRANCE. Il aurait vocation à rassembler tous les grands projets incubés ici et ailleurs et à réunir dans un même lieu tout ce que la Méditerranée compte de représentants de ministères des finances, de fonds privés, de fonds publics, de banques, de banques commerciales, de mécènes, de gestionnaires de patrimoine, etc., pour non pas un énième colloque de plus, mais pour des présentations concrètes de projets, très brèves, suivies de tables rondes où les gens s’inscriraient librement, et pourraient tourner de l’une à l’autre. L’idée étant que l’information circule, que l’on échange, et que l’on puisse avancer… que ce forum soit un contact d’amorçage pour des rencontres ultérieures, plus précisément opérationnelles. Cet événement pourrait être adossé à un événement Ubifrance à l’adresse des PME, j’espère en février ou mars 2010. Nous y travaillons.

leJMED.fr – Pourquoi avoir envisagé que vos deux projets de FARO et de FOR-UM se déploieraient tous deux à Marseille ?

Julien Aubert – Tout ne se fait pas à Marseille : certaines initiatives comme celle de l’IPEMED se font sur Paris. Il y a des projets à Sophia-Antipolis ou dans le Languedoc.
Marseille est cependant clairement notre ville-atout en Méditerranée, qui accueille bon nombre d’acteurs comme la BEI, la Banque Mondiale, FEMISE et Anima. Si l’on veut développer cette ville comme capitale française de la Méditerranée, il faut s’en donner les moyens, il faut que nous y organisions autant que faire se peut des événements d’envergure.

Inframed, FISEM… le point sur les fonds dédiés à l’UPM

leJMED.fr – Depuis quelques mois, on a entendu parler de la création de fonds dédiés à la Méditerranée. Qu’en est-il, par exemple, du Fonds Inframed ? A Marseille, lors de la IIIe Semaine économique de la Méditerranée, où vous étiez aussi, Henri Guaino l’a évoqué, à hauteur de 1 à 2 Mds €, mais un communiqué de la Caisse des Dépôts affirmait encore récemment – il a été modifié ces jours-ci ! – que « le volume d’intervention d’Inframed est estimé à environ 150 Md€ entre 2009 et 2014 »…

Julien Aubert – La création du fonds Inframed a en effet été annoncée le 30 avril dernier, à l’initiative La Caisse des Dépôts (France), de la Cassa depositi e prestiti (Italie), de EFG Hermes (Egypte) et de la Caisse de dépôt et de gestion (Maroc). C’est un fonds d’investissement de long terme, et qui sera le premier instrument de financement de l’Union pour la Méditerranée, particulièrement pour les infrastructures des régions Sud et Est.

Le chiffre de 150 Md€ est faux - il a été rectifié. Le fonds lui-même sera constitué de 1 Md€, mais vous pouvez avoir des prises de participations ultérieures dans ce fonds, qui verra donc ses capacités augmenter d’autant. L’effet levier pourrait être de 1 à 6, soit 10 % de l’investissement privé en fonds propres dans la région.

Actuellement, nous avons collecté d’une manière sûre quelque 450 à 600 M €, avec un objectif de 1 Md€. A partir de là, on peut monter très rapidement à 2Mds €, car il suffit que un ou deux grands fonds du Golfe entrent… Nous sommes là précisément dans la thématique de notre mission d’organisation de l’architecture budgétaire et financière de l’UPM !

C’est une démarche que nous assumons d’ailleurs aussi au niveau franco-français. L’AFD a annoncé la création de la FISEM, Facilité d’investissement de soutien économique à la Méditerranée (FISEM). Créée en complément des outils financiers existants dans la région pour aider le secteur productif, notamment les PME, à faire face à la crise, la FISEM est gérée par l’AFD en partenariat avec Proparco, sa filiale dédiée au secteur privé. La FISEM est dotée de 250 M€, et apportera un appui financier aux PME à travers des prises de participation directes ou via des fonds d’investissement…

Cette innovation et cet engagement de l’AFD au service du projet présidentiel est à saluer : cela marque une vraie volonté de mobilisation et un esprit d’innovation typique de la démarche d’ensemble de l’UPM !

Propos recueillis par Alfred Mignot pour leJMED.fr

La mini-bio de Julien Aubert

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Julien Aubert © leJMED.fr

31 ans, né à Marseille, Julien Aubert se plaît à préciser qu’il a fait ses jeunes classes à l’Institution Paul Mélizan, « le lycée des cancres »…
Depuis, il s’est largement rattrapé : diplômé de Sciences Po Paris et de l’ENA (promotion Senghor, 2002-2004), il est aussi titulaire d’un Master de relations Internationales obtenu à la John Hopkins University de Washington, vivier néo-conservateur sous la présidence Clinton, et dont le doyen était à l’époque un certain Paul Wolfowitz… Mais « je n’ai pas été contaminé ! », affirme, pince sans-rire, Julien Aubert…

Sorti de l’ENA à la 1e chambre de la Cour de Comptes, il s’occupe du contrôle du ministère des Finances et du secteur financier. Parallèlement, il est commissaire aux comptes pour les Nations Unies, et donne des cours de relations internationales à l’IGPDE et à la préparation ENA de l’Université Panthéon-Sorbonne/Normale Supérieure.

Au printemps 2009, il a rejoint avec enthousiasme la Mission interministérielle de l’UPM, à la demande de son « patron » et ancien professeur, Henri Guaino.

Contact Julien Aubert à la Mission interministérielle de l’UPM : +33 [0]1 58 36 27 31

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