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Athènes, la cité où l’Occident a commencé

Grèce | 21 février 2010 | src.leJMED.fr
Athènes - Rarissimes sont les villes dont le nom à lui seul suffit à évoquer toute une civilisation. Athènes est de celles-là. Ici s’est en effet épanouie la splendeur du siècle d’or grec, le Ve avant J.-C. Le voyage à Athènes, c’est un retour aux sources de la civilisation européenne. A la redécouverte d’un fabuleux métissage – des Dieux, des héros et des hommes…

Photo ci-dessus - Vue des vestiges du Parthénon, le temple dédié à Athéna, en haut de l’Acropole d’Athènes. © Maéli


On voudrait s’en défendre, mais la référence s’impose, inévitable, incontournable : Athènes tient son nom d’Athéna, fille de Zeus, dieu des dieux régnant sur terre et dans le ciel, et de la nymphe Métis. Déesse de la sagesse et de la connaissance, Athéna incarnera en fait tout le génie de la civilisation grecque. Certes, celle-ci fait une large place aux Dieux, mais aussi aux héros – demi-dieux, métis nés des amours entre les divinités et les humains, tels Hercule ou Ulysse – et aux simples mortels qui, tels Platon, Socrate ou Aristote, apporteront une contribution décisive au génie grec, épris de beauté mais aussi « inventeur » de la citoyenneté et de la démocratie, de la philosophie et de l’humanisme. De ce fabuleux métissage – des Dieux, des héros et des hommes – l’Acropole en est à Athènes le plus saisissant témoignage.

L’Acropole, sommet du Siècle d’or grec

Sur l’Acropole, « la ville d’en haut » (300 m de long, 100 m large) trois temples furent construits sous l’impulsion de Périclès au Ve siècle avant J.-C., le fameux « siècle d’or grec » : le petit temple dédié à Athéna, le célèbrissime Parthénon (447-438 av. J.-C.), le temple de l’Erechthéio. L’accès à l’Acropole se fait côté Est, par la porté Beulé, du nom de l’architecte français qui la découvrit en 1852. Aussitôt l’on est confronté au « vestibule » monumental des Propylées, remarquables pour leurs portiques doriques. Sur leur flanc ouest, le petit temple en marbre pentélique, remarquablement conservé, est dédié à Athéna victorieuse des Perses. Au-delà des Propylées, sur la gauche, on admirera le portique des Caryatides, où d’élégantes statues de femmes tiennent lieu de colonnes.

Au centre de cet ensemble, visible de partout à Athènes, le mythique Parthénon. De ce monument emblématique du classicisme grec, il ne reste guère plus que les colonnades extérieures en marbre cannelé, plus ou moins restaurées. Mais l’édifice surprend encore par sa grâce et son harmonie. Celles-ci furent obtenues par l’application d’un rapport constant de 9/4 entre les différents éléments d’architecture, et par quelques « astuces » : afin de donner l’illusion d’une symétrie parfaite, les architectes, Callicratès et Ichtinios, eurent l’idée ingénieuse d’incurver légèrement les colonnes, compensant ainsi les effets d’optique de la perspective ; pour les mêmes raisons, la base du fronton est plus haute au centre que sur les côtés. Long de 70 m sur 30 m de large, le Parthénon abritait une statue exceptionnelle d’Athéna, haute de 12 mètres, en or et en ivoire, dont une copie romaine est conservée au proche musée de l’Acropole.

Tout près, un peu en contrebas sur le versant sud du tablier de l’Acropole, se trouve le Théâtre à ciel ouvert de Dionysos. Créé au Ier siècle avant J.-C., il fut totalement reconstruit vers la fin du Ve siècle. Imaginez : Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane présentèrent ici leurs œuvres, participèrent aussi à des concours annuels d’art dramatique. C’était il y a 2 500 ans...

Et en cette même cité d’autres hommes de génie, les premiers philosophes, entourés de leurs disciples, élaborèrent en plein air les bases du raisonnement critique, posèrent aussi les jalons d’un pré-humanisme qui, deux mille ans plus tard, inspira la Renaissance européenne.

Bien sûr, les vestiges d’Athènes ne se limitent pas à la seule Acropole. La cité compte une quinzaine de sites dignes d’intérêt : l’ancienne Agora, les piliers d’Hadrien, le théâtre d’Hérode d’Attique, le Temple de Zeus, le vieux stade olympique... les riches musées, les innombrables statues et autres églises byzantines.

Si le temps vous manque, choisissez de visiter en priorité le Musée national d’archéologie, où l’on peut admirer, entre autres splendeurs, de magnifiques objets mycéniens en or, et de spectaculaires fresques de Santorin. Prenez aussi le temps d’un détour par le Musée des Cyclades, où l’on trouve d’élégantes figurines de marbre qui ont inspiré des artistes tels que Modigliani, Brancusi et Picasso.

Le charme de la vie des quartiers

Mais Athènes n’est pas qu’une ville-musée ! Lorsque vous aurez fini de revisiter vos classiques, songez que quelques quartiers méritent des promenades oisives, pour le seul plaisir.

Commencez par gravir le mont Lycabette, à pied ou en funiculaire : plus haut point d’Athènes, il domine toute la ville et vous offrira le plus beau panorama sur la cité, mais aussi sur les magnifiques montagnes environnantes – Parnitha, Pendeli et Imitos – sur le port du Pirée et la mer. En redescendant, à pied, allez à la rencontre de ces beaux vieillards qui vendent des boissons glacées sur le pas de leur porte... Buvez un « Ouzo », l’apéritif anisé grec, ou un café dans un « kafeneion ». Une autre Athènes s’offre à vous !

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Vue du pittoresque quartier de Plaka, le « Montmartre grec », au pied de l’Acropole. © Panoramas

Rendez-vous ensuite d’un pas nonchalant vers le quartier de Plaka. Au pied de l’Acropole, c’est le Montmartre grec : dans sa partie haute, vous trouverez des rues tranquilles avec de belles vues sur Athènes. Vous y rencontrerez des artistes peignant des icônes à l’ancienne, mais aussi, tout simplement, des Grecs assis devant leur porte, bavardant ou jouant aux cartes... tranquilles, comme dans n’importe quel petit village perdu des Cyclades. Dans la partie basse de Plaka, vous trouverez un foisonnement de boutiques à souvenirs et d’antiquaires, que vous pourrez marchander, usage que les Grecs partagent les Orientaux.

Malgré une activité commerciale intense, le dédale de rues étroites de Plaka garde tout son charme, à la fois chic et artistique. Arrêtez-vous à une terrasse de taverne et là, à l’ombre d’une tonnelle de vigne, prenez tout votre temps pour déguster chez elle cette cuisine grecque, simple mais si goûteuse – à l’huile d’olive, bien sûr ! –, qui a fait le tour du monde, et dont vous connaissez déjà les mots-clé : le Ouzo, l’apéritif anisé national ; les mezes, amuse-gueule ; le tarama, aux œufs de poisson ; le tzaziki, yaourt au concombre ; les souvlakis de mouton ; les calamars farcis ; la moussaka d’aubergines ; la feta, fromage au lait de brebis ; les desserts au miel... et le tout arrosé de retsina, le vin blanc national à la pomme de pin.

Offrez-vous aussi un tour dans le proche quartier Monastiraki, intéressant pour ses brocanteurs et son marché aux puces. Cela fait, les amoureux de la nature et des jardins trouveront aussi à Athènes de quoi satisfaire leur passion, ou simplement se ressourcer : 500 espèces d’arbres et de plantes vous attendent au Jardin national. Profitez-en pour assister à la typique relève de la Garde – une par heure, au Palais qui jouxte le jardin, elle vaut bien celle de Londres ! – et... échappez-vous vers la mer et ses îles, « banlieues » paradisiaques de la capitale !

Depuis Athènes, il est très facile de se rendre au proche Pirée, son port depuis l’Antiquité. De là, embarquez vers l’une des innombrables îles du Golfe Saronique, au sud. Parmi elles, Egine, inondée de forêts de pistachiers et de pinèdes ; Poros, couverte de verdure et bordée de plages aux eaux limpides ; Spetsès la charmeuse, avec ses calèches, ses demeures de maître embrassées par les bougainvilliers grimpants...

Mais il est aussi des îles que les guides de voyage ne citent guère. Vous y serez d’autant mieux accueilli, chez l’habitant, que les visiteurs y sont rares. Et si vous osez vous laisser saisir par la magie de ces îles, il se peut qu’à la fin de votre séjour vous ayez envie de rater le bateau retour. Certains, dit-on, succomberaient même au syndrome d’Ulysse... ou à la beauté d’une sirène !

© Alfred Mignot pour leJMED.fr

Rendez-vous athéniens

De juin à octobre, le Festival d’Athènes - Orchestres et musique de chambre, théâtre populaire, opéra, ballet classique et moderne. Des dizaines de spectacles à l’Odéon Hérode Atticus, à l’Acropole.

Juillet : Régate Internationale.

Octobre : Marathon International - Sur le trajet suivi par le jeune soldat qui, en 490 av. J.-C., courut à perdre haleine pour livrer le message de la victoire décisive d’Athènes contre les Perses.

ATHÈNES RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

AVANT LE DÉPART
La Grèce faisant partie de l’Union européenne depuis 1981, une carte d’identité suffit ou même un passeport périmé, mais depuis moins de cinq ans.

SE RENDRE À ATHÈNES
Par avion.
À 3 h d’avion de Paris. Toutes les grandes compagnies internationales desservent l’aéroport d’Athènes situé à 27 km du centre d’Athènes. Air France et Olympic Airways proposent des vols réguliers pour Athènes.

Par bateau. Via l’Italie par ferry, depuis Venise, Ancôme, Brindisi, Bari et Trieste.

Le bateau sur place. Les liaisons maritimes quotidiennes vers les îles s’effectuent par ferry, hydroglisseurs ou bateaux, depuis le Pirée, port d’Athènes. Les principales compagnies ont une agence en centre ville. En saison touristique, il est prudent de prendre ses billets à l’avance.

En voiture. Permis de conduire national avec la carte grise et la carte verte comme en France. Le prix du litre d’essence est moins élevé qu’en France (autour de 0,655 euros le super).

SE DÉPLACER À ATHÈNES

Piéton. Attention à la circulation automobile, très dense à Athènes.

Autobus et métro. Les chauffeurs de bus ne vendant pas de billets, achetez les tickets de bus et de métro dans les kiosques dispersés en ville, ou bien dans les stations du métro (dont beaucoup sont remarquables par leur décoration artistique). Le métro reste ouvert de 5 heures à minuit. Le ticket est valable durant 90 minutes, mais pas pour le trajet retour.

En voiture. La circulation à Athènes est très dense. Certaines îles proches ont banni le transport motorisé, on s’y déplace plutôt en carriole à âne ou à bicyclette…

En train. Athènes a deux gares : Larissa qui dessert la Grèce du Nord et l’Europe ; Peloponnissos, pour les villes du Péloponnèse.

En taxi. Moins onéreux qu’en France, vous grimpez dedans avant même de donner votre destination. S’il est déjà occupé, vous partagerez alors la course avec l’autre client.

LA LANGUE
Le grec
(Ellenika). Dans le secteur du tourisme, beaucoup de Grecs sont plus ou moins polyglottes.

LA MONNAIE
L’euro
, bien sûr. Les banques sont ouvertes du lundi au vendredi de 8 h 30 à 14 h 30. Pour obtenir des liquidités à Athènes un jour férié, rendez-vous dans la seule banque ouverte 7 jours sur 7, la Banque nationale de Grèce (place Syntagma).

ÉLECRICITÉ
220 volts et 50 Hz.
Prises électriques aux normes européennes.

TÉLÉPHONER
Depuis la réforme de novembre 2002, il faut intercaler le chiffre 2 entre le code international et le code régional, soit, pour Athènes : 0030 2 10 (au lieu de 0030 10), avant de composer le numéro appelé. Pour les mobiles, depuis janvier 2003, il faut composer le 6 au lieu du 0, suivi du numéro d’appel. De l’étranger, il faut ajouter le 6 après le code international (00 30) avant de composer le numéro appelé.

DÉCALAGE HORAIRE
Une heure de décalage avec la France.

MAGASINS ET BOUTIQUES
Les horaires d’ouverture
des boutiques varient en fonction des jours de la semaine : de 8 h 30 à 15 h les lundi, mercredi, samedi ; de 8 h 30 à 14 h et de 17 h 30 à 20 h 30 les mardi, jeudi et vendredi.

QUE RAPPORTER D’ATHÈNES ?
En Grèce, on peut acheter de la dentelle, des bijoux, de l’artisanat en métal, des céramiques, des tissus…
Athènes est le centre d’achats pour les articles de luxe et pour l’artisanat local. Le marché aux puces de Monastiraki et le quartier Plaka sous l’Acropole sont très populaires, surtout en été.

ADRESSES UTILES

À PARIS
Office Hellénique du tourisme

3, avenue de l’Opéra
75001 Paris
Tél. : 01 42 60 65 75
Site : Office hellénique du tourisme

Ambassade de Grèce en France
17, rue Auguste-Vacquerie
75016 Paris
Tél. : 01 47 23 72 28
Service commercial et économique
Tél. : 01 47 20 26 60

À ATHÈNES
Ambassade de France à Athènes
7, avenue Vassilissis Sophias
10670 Athènes
Tél. : 210 33 91 000
Fax. 210 33 91 009
Site : www.ambafrance-gr.org

Consulat de France à Athènes
5-7, rue Vassiléos Constantinou
10674 Athènes
Tél. : 21 07 29 77 00
Site : www.ambafrance-gr.org/consulat

Chambre de Commerce et d’Industrie d’Athènes (ACCI)
7, rue Akademias
10671 Athènes
Tél. : 210 36 04 815
Site : www.acci.gr

Office du Tourisme
Odos Amerikis 2b
10564 Athènes
Tél. : 210 331 02 96 ou 331 05 65
Site : www.gnto.gr (en anglais)


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